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Instruire son enfant avec ou sans manuel scolaire ?


2018
06.04

La situation d’un parent qui se lance tout juste dans l’instruction d’un enfant (ou des enfants) selon les cas s’apparente un peu à celle du professeur débutant. Sauf qu’il n’a pas de tuteur pour l’aider dans son démarrage.

Néanmoins, j’ai pu constater que les parents IEF sont des parents qui se forment et se lancent avec passion dans cette aventure. Et qu’ils s’entraident superbement.

Or quand on se lance dans l’instruction, si l’on n’a pas encore d’expérience, le mieux est de suivre un manuel. Pourquoi ? Parce que :

- ce dernier a été établi par des spécialistes du domaine en question,

- est structuré,

- aborde l’ensemble du programme,

- vous économisera du temps de recherche précieux.

Dans ce cas de figure, il est aussi parfois utile d’avoir le guide du maître pour avoir l’explication de la démarche, les ressources complémentaires ou encore les corrigés.

Dans mon expérience d’IEF, je travaille AVEC manuel alors qu’au collège, je travaille bien mieux SANS manuel.

Pourquoi ?

Parce que si le fait d’enseigner les langues m’avantage réellement pour le français par exemple, il n’en reste pas moins :

- que je ne suis pas prof de maths ni spécialiste de toutes les matières. J’ai eu besoin qu’on pense la progression du CP et les activités à ma place.

- j’ai eu besoin d’être guidée pour cette première expérience,

- je n’ai pas le temps de tout concevoir – ni l’envie d’ailleurs : je le fais déjà pour mon travail. Je n’aurai pas de temps à faire des choses aussi jolies que les fichier CP que je me suis procurée.

(Par contre, mes fiches de cours et mes cours numériques feraient pâlir d’envie plus d’un collègue, héhé).

En conclusion : un parent IEF débutant aura tout à gagner à choisir un manuel pour être guidé et avoir la tâche facilitée.

Il sera rassuré aussi par rapport aux programmes.

Mon adage pour les profs en fonction :

Un bon manuel ne remplacera jamais un bon prof.

Mais un bon manuel remplacera toujours un mauvais prof.

CQFD.

La preuve : Tous les parents qui prennent une méthode de lecture syllabique à cause de l’enseignement global ou qui investissent dans une méthode de langue parce que le prof ne tient pas ses classes ou finissent par acheter un anabrevet parce qu’il n’y a jamais eu de remplaçant en maths par exemple.

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Cas de l’IEF partielle.

A l’école, votre enfant n’a pas de livre ?

Eh bien, ce n’est pas un problème en soi !

De mon côté, je travaille sans manuel : souvent très fabriqués, avec des textes trop courts, vite passés de mode, avec trop peu d’empan culturel et linguistique, très „saupoudrants“. Il y aurait de nombreuses critiques, mais je tiens à rester neutre.

Néanmoins, travailler sans manuel implique :

- une très bonne connaissance des programmes,

- savoir hierarchiser les attendus et construire une progression,

- avancer de manière structurée et construite, par étapes,

- rechercher des supports adaptés à vos élèves (classe ou groupe, si vous pratiquez la différenciation pédagogique),

- varier les canaux d’apprentissage : des vidéos, des textes à lire, des textes à produire …

- travailler les objectifs et les compétences…

Bref, un sacré boulot.

Tout cela revient à créer vous même un manuel adapté à votre classe.

Et pour arriver à faire cela, il faut … déjà commencer par comprendre comment fonctionne un manuel : le fameux „fil conducteur“ autour duquel tout va s’articuler.

Attention, tous les profs qui travaillent sans manuel ne sont pas consciencieux. J’en ai déjà vu beaucoup qui se contentent d’imprimer des fiches toutes faites par des collègues ou glanées sur des sites d’échanges de prof. Ces mêmes collègues prennent, mais ne donnent jamais rien en retour . Les cours sont peu structurés et vont au gré du piochage sur le net. C’est triste. En général, vous les repérez très vite, même sans être du métier.

Mon avis de mère-enseignante :

J’enseigne sans manuel pour une matière, dans le cas de mon métier. Je ne me vois pas faire cela pour toutes les matières, particulièrement au collège ou au lycée. A l’heure actuelle, si Minimaus était au collège ou au lycée, je prendrai, c’est sûr, des manuels pour beaucoup de matières.