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Notre IEF partielle cette année de CP


2018
06.19

Version française

Au cours de certaines conversations avec des parents et des amis, on m’a souvent posé la question : “quel est votre planning” quotidien ?

Eh bien en règle générale, nous travaillons une heure par jour 4 à 5 fois par semaine.

Parfois plus, parfois moins, parfois pas.

Et certaines fois, je fais carrément un break, comme la semaine dernière : avec les conseils de classe à gogo, je n’arrêtais pas de courir entre le travail et la maison. J’aurai eu une patience proche du néant, cela n’aurait pas été bénéfique.

Je relate juste mon expérience de Maman qui a glissé petit à petit dans l’IEF partielle, pour prendre le relai par rapport à des apprentissages avec de mauvaises méthodes ou non structurés. Ce n’est pas prescriptif et si c’était à refaire, je ferai autrement : à commencer par apprendre directement à lire à mon enfant AVANT le CP

SEPTEMBRE - JANVIER inclus : LA LECTURE !

septembre, octobre, mi-novembre :

  • revoir quotidiennement le texte de l’école et apprendre par coeur ces imbuvables étiquettes. Cela nous prenait au moins 20 à 30 min.
  • Jouer avec les dés, comme demandé par l’instit.

Les 30 minutes suivantes sont réparties comme suit :

  • Mico mon petit ours tome 1, nous avançons d’abord au rythme de l’enfant, mais sommes obligés d’accélérer en raison des textes de l’école présentant énormément de phonèmes complexes.
  • Apprentissage des chiffres en français, petits calculs en allemand (cahier d’activité) -> 10 min.

Constat : au départ, une grande volonté de ma fille. Mais aussi de la fatigue, notamment lorsque les jours se sont mis à raccourcir. Nous l’avons laissé tranquille durant près de 10 jours aux congés de la Toussaint. Nous avons juste relu, 4 ou 5 jours avant la reprise, le texte de l’école quotidiennement. -> A la rentrée, ma fille s’est fait reprocher “n’avoir pas travaillé”. Elle en a pleuré. Elle a ensuite durant plusieurs mois, accepté et demandé du travail à la maison.

Néanmoins, elle avait besoin de cette coupure, même si on avait l’impression qu’elle avait “oublié” des choses.

MI- NOVEMBRE, DECEMBRE, JANVIER :

  • Mico mon petit ours tome 2.

Nous passons déjà moins de temps sur les textes imposés par l’école. Avec le bagage acquis par Mico, le textes sont déchiffrés et n’ont pas besoin d’être appris par coeur. La lecture devient plus fluide et moins hachée. Minimaus aura travaillé 10 leçons de Mico durant les congés de Noel, le matin, avant que les amis ne viennent ou que nous partions en famille.

J’ai eu l’impression de faire une course contre la montre. Nous sommes arrivés à la page 45 à la reprise en janvier. Grand bien nous fasse : la maîtresse décide à l’école de faire quelques phonèmes complexes tous en même temps, pile poil ceux que nous avons vu en plus de 10 jours… en une seule leçon. Minimaus me rapporte que “presque personne ne comprend à l’école’.

Constat : j’ai quasiment supprimé les activités en allemand qui lui tiennent tant à coeur. Je préfère miser sur Mico. On reviendra à l’allemand plus tard. Elle est un peu fâchée car je ne parle pas allemand pendant les devoirs, sauf pour “tiens, explique voir ce que tu as lu en allemand” (implacable pour vérifier si un enfant n’a pas juste repéré mais vraiment compris, héhé).

Bilan : un excellent bulletin semestriel. Des “A” partout, des remarques très positives. Avec un niveau “convenable” en calcul.

PERIODE 2 :LA DIVERSIFICATION. Aux oubliettes les textes de l’école.

A. Lecture.

Janvier sonnera le glas de Mico. C’en est fini de cette aventure si attachante. Minimaus lit couramment le Französisch.

Et l’allemand aussi d’ailleurs.

Elle ne passe que peu ou prou de temps sur les textes de l’école. Elle sait très bien lire et nous faisons notre programme à nous depuis décembre.

Nous avons appris beaucoup de vocabulaire à l’aide de Mico et veillé à ce qu’il soit maîtrisé dans les deux langues.

b. Orthographe.

J’ai acquis l’ORTH CP courant décembre. Je lui fais faire une fiche par jour. C’est certainement ce qui lui prend le plus de temps.

c. Maths

Nous avons introduit les maths à l’aide d’un fichier (je rédigerai un billet).

Ma fille s’est prise de passion pour les maths, vive la pédagogie positive !

Je vois ses progrès.

PERIODE 3 : les approfondissements.

  • A compter de mars :apprentissage de l’orthographe de mots courants.
  • En avril : achat d’un livret de problèmes CP aux éditions librairie des écoles.
  • lecture : textes de la médiathèque, de la bibliothèque de Minimaus…
  • en mai : travail de l’écriture (geste graphique).

Et … toujours cette passion pour les maths.

PERIODE 4 : Juin : fini le programme ! On se fait plaisir !!!

Ce 1er  juin, j’ai bouclé le programme de maths en tout juste 4 mois. Nous apprenons à lire l’heure et et passons aux tables de multiplications.

En lecture, nous continuons tous les jours : je vois aussi qu’il faut revoir certains sons.

Nous avons un schéma de base, mais varions aussi selon les envies (si on l’écoutait, on ne ferait que lire et des maths et du “C’est pas sorcier”).

Apprendre à lire en allemand - naissance de la Mamas Schule


2018
06.04

Notre Minimaus se réjouissait et trépignait d’impatience à l’idée d’entrer en CP. Et surtout d’apprendre à lire.

En même temps, elle en avait … très peur aussi. Car dans leur classe double niveau, elle avait eu un aperçu : génial de savoir lire, mais quel boulot !

Bref, à l’époque, je ne voulais pas lui apprendre à lire en français avant le CP car j’avais tout de même espoir et confiance en cette maîtresse bien plus gentille que la première de petite et moyenne section.

Papa Maus a trouvé ce jeu fantastique, au Müller (grand magasin).

Il permet la manipulation des lettres et plein de jeux.

Ainsi est né la Mamas Schule : apprendre à lire en allemand, à la maison, en jouant ensemble.

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Nous avions donc commencé par la méthode syllabique (Silben) et phonème (Anlaut).

Et par … de toutes petites combinaisons.

M (mmmm ne surtout pas dire ème) + A (aaaa) = MA

F (ffffff ne sourtout pas dire “èfe” !) + A = FA

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Il faut savoir qu’apprendre à lire en allemand, c’est assez facile par rapport au français : pas de lettres muettes, pas de combinaisons de lettres tarabiscotées. Non vraiment, on ne vous piège pas : toutes les lettres se prononcent. Et voilà tout.

Voici quelques combinaisons plus difficiles. Ce sont les seules.

AI/EI /IE / AU / EU

Ö/Ü/Ä

La notice à l’attention des parents est très bien faite.
Elle présente l’approche à suivre et une multitude de proposition et de jeux.

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Les débuts de Mamas Schule


2018
06.04

Les débuts de la Mamas Schule furent humbles. Nommer ça “Schule” (école) n’est pas vraiment exact.

Toute chose est-il que Minimaus voulait à tout prix aller dans mon école où on parle en allemand (section) - or ce n’est pas possible : Mama Maus travaille en collège.

Minimaus a toujours aimé aller à l’école, retrouver ses copines, apprendre.

Néanmoins, avec son enseignante de petite et moyenne section, les remarques négatives à propos de notre bilinguisme fusaient. La petite a du le ressentir aussi. Elle a vite perdu pied en terme de capital “confiance” et la peur de ne pas comprendre est arrivée assez vite suite à cette instit.

Bref, à l’aide de petits cahiers d’activités nous avons décidé de prendre les choses en main pour trois raisons :

- que notre fille voit de l’écrit en allemand,

- qu’elle garde ce lien avec ma culture d’origine,

- que, “zut de flûte alors”, cette maîtresse que nous avons SUBI durant deux ans arrête de râler sur notre fille ! Ce n’est pas la fin du monde si à tout juste 3 ans, on a du mal à suivre quelques pointillés !

Minimaus est de fin d’année et cette maîtresse n’avait de cesse de la comparer avec un garçon de la fin du mois de janvier. A ces âges, 10 mois et demi de différence - presque un an sont une différence non négligeable. Ce qu’elle n’a jamais pu nous reprocher : la joie de vivre et la sociabilisation de notre fille.

Néanmoins, sans nous prévenir en amont, elle a marqué dans le bulletin de petite section, 1er semestre. :

“Minimaus ne semble pas à l’aise avec la compréhension de la langue française”.

Si nous parlons l’allemand à la maison, la famille de mon mari est française et nous parlons français avec eux. Pas de souci de communication avec les grands-parents.

J’ai fini par demander l’avis sincère de personnes de mon entourage et de la nounou (française), en leur demandant de ne pas me ménager.

Minimaus est tout à fait normale. Certes, elle a eu jusqu’à durant ses premières années des phases où elle ne connaissait que certains mots dans une langue; suite à cette remarque acerbe nous avons veillé à ce qu’elle maîtrise chaque nouveau mot dans les deux langues.

Puis mon mari et moi avons demandé un rendez-vous auprès de la maîtresse. Rendez-vous qui s’est avéré tendu.

Jusqu’alors, je n’avais jamais mis en avant mon statut d’agrégée, encore moins devant d’autres collègues. J’ai fini par lui faire remarquer que je suis arrivée en France en ayant peut-être moins de bagage linguistique que ma fille, que le bilinguisme est une richesse et que … si j’avais une autre couleur de peau ou s’il s’agissait d’une autre langue, se permettrait-elle ces remarques à la limite du racisme ?

A partir de ce moment, elle n’a plus attaqué sur la langue, du moins pas ouvertement. Si je n’avais pas été du métier, cette femme m’aurait peut-être fait douter, malgré mon parcours de petite franco-allemand.

De plus, cette enseignante notait les fiches d’évaluations des petits par un système de pétales de fleurs. Toute famille le sait 5 pétales x 4 points = 20…

Voilà comment on crée le stress scolaire chez les enfants - et chez les parents - dès l’entrée de maternelle.

Minimaus avait souvent juste un pétale manquant : par oubli du prénom, pour un sticker collé de travers, pour une consigne mal comprise. Inutile de vous dire qu’elle ne la ratait pas !

Donc Minimaus a voulu jouer à l’école à la maison.

Pour avoir des fleurs coloriées en complet, avec 5 pétales s’il vous plaît.  C’est un peu niais, mais cela lui a donné confiance en elle.

A l’époque nous faisions ces petits cahiers d’activité juste pendant les vacances, particulièrement les grandes vacances où j’ai des souvenirs de cela dans l’avion, à l’hôtel ou à la maison, lorsque je faisais de la confiture.

Nous avions acheté nos petits cahiers chez le discounter Penny.

En grande section, Minimaus avait une super compréhension et très bonne maîtrise de la langue. Un enfant bilingue a besoin de plus de temps, mais l’équilibre se fait au bout d’un temps. De plus, sa maîtresse pour les deux années suivantes a été dans le même cas : elle ne parlait qu’alsacien jusqu’à sa scolarisation.  Fini les méchantes remarques !

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Instruction en famille et scolarisation ?


2018
05.29

Bonjour,

Voilà mon premier billet… Celui d’expliquer mon choix.

Notre fille est scolarisée et pourtant, nous l’instruisons - une heure par jour en moyenne - parfois plus - parfois moins - parfois pas (si elle est fatiguée ou moi aussi, nous laissons tomber). En règle générale, cela fait 4 à 5 moments par semaine.

Il faut savoir que la Mamas Schule a commencé à la demande de ma fille, avant la rentrée au CP. Au départ, c’est parce qu’elle voulait l’école en allemand, la langue que nous parlons à la maison. Et parce qu’elle rêvait d’aller au CP. Globalement, elle a gardé cet engouement. Parfois bien sûr, elle a moins envie.

Alors que la méthode de lecture est globale et que les choix pédagogiques à l’école sont discutables (dans les fondamentaux lire / écrire / maths), pourquoi ne pas passer en IEF complet l’an prochain? Parce qu’actuellement, ce choix ne conviendrait à aucun des membres de la famille, à commencer par la principale intéressée : Minimaus.

1. Ma fille adore l’école : elle aime sa maîtresse et c’est une femme très gentille avec les enfants. Elle tient sa classe, il n’y a que peu de problèmes.

Cela ne pose aucun problème à ma fille d’avoir sa maîtresse à l’école et sa Mama-Maîtresse.  Et dans beaucoup de classes il y a deux maîtres / maîtresses : soit pour des raisons de travail à mi-temps, soit dans les classes bilingues de ma région  (la maîtresse de français / la maîtresse d’allemand). Ma fille aime l’école et tout autant l’école à la maison. Hier soir après le goûter elle a réclamé “Schuuuleeeee, Mama, spielen wir Schule” -> Dis maman, on joue à l’école ?

2. Si les choix pour la lecture, l’écriture et les maths ne me conviennent pas, je trouve que sa maîtresse a de belles idées aussi ! Une collaboration avec une ferme pédagogique, des animaux en classe (lapins, poules), de belles idées de sorties culturelles. Bref, de belles choses aussi.

3. L’école nous a permis - du moins pour moi et la petite - de nous intégrer dans ce petit village dans lequel nous avons emménagé. Minimaus s’est fait des amies, Mama Maus a rencontré quelques mamans forts sympathiques dont quelques unes qu’elle apprécie beaucoup.

Les enfants en IEF  qui ne vont pas à l’école SONT sociabilisés, rencontrent du monde et ont des amis. Mais ici, chez nous, l’école n’a pas tant été facteur de sociabilisation, mais … d’intégration rurale. Si Minimaus n’allait pas à l’école, nous n’aurions presque rencontré personne. Ce fut d’ailleurs le temps les premières années : mes horaires de travail ne correspondaient absolument pas avec ceux de l’école.

4. Les raisons financières.

Si d’aventure vous décidez de prendre les devants et de remédier à une méthode de lecture inadaptée, à des enseignements mal faits, à instruire votre enfant parce que l’enseignant n’est pas remplacé (ça arrive) ou qu’il ne tient pas les classes et que c’est le bazar, voici UN conseil.

Ne lui dites surtout pas que vous prenez le relai, ou alors allez-y avec beaucoup de tact et prétextez des cours de soutien : c’est vécu comme une attaque personnelle par le prof qui a le sentiment d’avoir failli à sa mission. Une maman de la classe de ma fille a innocemment dit à la maîtresse qu’elle allait aider son fils avec une méthode de lecture (je ferai un billet à ce propos), et la maîtresse, charmante d’habitude, lui a passé un savon monumental. Et vous risquez de vous entendre dire que vous n’en seriez pas capable. Si c’est vrai pour certaines matières plus pointues dans le secondaire ( à moins de s’y replonger soi même à fond avant), je pense que sincèrement, en se documentant comme il faut, avec de bons supports, le socle à transmettre au 1er degré est à la portée de bon nombre de parents, à condition de maîtriser soi-même l’orthographe par exemple, de s’être documenté, équipé / préparé.

De mon côté, je ne dis rien au sujet de l’instruction en famille à l’école,  je ne demande même plus comment ça va pour ma fille, car la maîtresse se sent alors obligée de réfléchir et de me trouver quelque chose ou me reprocher une énième fois son côté “rêveuse / manque de concentration” (qui est vrai d’ailleurs, mais que tant d’enfants ont). Je suis polie, je salue, je souhaite un bon week-end ou une belle soirée, la remercie pour le joli bricolage et voilà, c’est tout.  Et comme ça, elle me laissera tranquille et continuera d’être charmante avec ma fille.

La traduction en allemand suivra d’ici peu.